{"id":1325,"date":"2024-05-29T11:31:00","date_gmt":"2024-05-29T10:31:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.economistes-arabes.org\/fr\/?p=1325"},"modified":"2024-07-17T11:36:43","modified_gmt":"2024-07-17T10:36:43","slug":"hakim-ben-hammouda-economies-arabes-comment-sortir-de-la-trappe-de-la-resilience","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.economistes-arabes.org\/fr\/hakim-ben-hammouda-economies-arabes-comment-sortir-de-la-trappe-de-la-resilience\/","title":{"rendered":"Hakim Ben Hammouda: Economies arabes : Comment sortir de la trappe de la r\u00e9silience ?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Economies arabes&nbsp;: Comment sortir de la trappe de la r\u00e9silience&nbsp;? <a href=\"#_ftn1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Hakim Ben Hammouda.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comment sortir de la trappe de la r\u00e9silience&nbsp;? C\u2019est la question que nous devons nous poser en examinant l\u2019\u00e9volution de la situation \u00e9conomique dans les pays arabes post-covid 19 et les projections \u00e0 venir. Cette p\u00e9riode a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par l\u2019accroissement des conflits et leur intensit\u00e9, la guerre \u00e0 Gaza au lendemain du 7 octobre 2023 est venue se rajouter \u00e0 la longue liste des conflits que traverse la r\u00e9gion depuis les printemps arabes. Aux guerres fratricides au Y\u00e9men, en Syrie et en Lybie il faut rajouter la guerre au Soudan qui sont venues renforcer les fragilit\u00e9s des \u00e9conomies arabes. Ces guerres et ces conflits font du monde arabe la r\u00e9gion qui a subi les effets les plus importants de la g\u00e9o\u00e9conomie dans le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces conflits et cette instabilit\u00e9 politique r\u00e9gionale est \u00e0 l\u2019origine d\u2019une grande morosit\u00e9 \u00e9conomique avec une croissance faible et un endettement inqui\u00e9tant particuli\u00e8rement pour les pays interm\u00e9diaires et non exportateurs de p\u00e9trole. La r\u00e9gion se trouve prisonni\u00e8re depuis la sortie de la crise du Covid-19 dans ce que nous appelons une trappe de la r\u00e9silience.<\/p>\n\n\n\n<p>La question qui se pose aux gouvernements de la r\u00e9gion et aux institutions internationales est de d\u00e9finir les politiques \u00e9conomiques pour \u00e9chapper \u00e0 cette trappe, poursuivre la stabilisation et surtout relancer une croissance inclusive et durable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9finir la trappe de la r\u00e9silience.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019utilisation du concept de r\u00e9silience est devenue courante au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es dans le d\u00e9bat \u00e9conomique. Particuli\u00e8rement, les institutions internationales notamment l\u2019OCDE, la Banque mondiale ou le FMI se sont saisis de ce concept dans l\u2019analyse des dynamiques \u00e9conomiques dans les diff\u00e9rents pays et dans la lecture de l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9conomie globale.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019usage consacr\u00e9 aujourd\u2019hui de ce concept dans l\u2019analyse \u00e9conomique s\u2019explique par la multiplication des chocs subis par l\u2019\u00e9conomie globale et les pays qui ont eu des effets d\u00e9stabilisateurs et ont accru l\u2019incertitude et les inqui\u00e9tudes. De la grande crise financi\u00e8re des ann\u00e9es 2008\/2009, \u00e0 l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des effets du changement climatique, en passant par la pand\u00e9mie du Covid-19 jusqu\u2019aux guerres et aux conflits g\u00e9o-\u00e9conomiques avec la guerre en Ukraine et \u00e0 Gaza, le monde a \u00e9t\u00e9 et reste marqu\u00e9 par ces turbulences qui ont pes\u00e9 sur sa stabilit\u00e9 politique et \u00e9conomique.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement aux risques g\u00e9o\u00e9conomiques, l\u2019\u00e9conomie globale a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 une forte r\u00e9surgence de l\u2019inflation ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine d\u2019un changement radical des politiques mon\u00e9taires et la sortie de l\u2019expansionnisme qui les a marqu\u00e9s depuis la grande crise financi\u00e8re des ann\u00e9es 2008-09. Ce changement radical des politiques mon\u00e9taires a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de grandes inqui\u00e9tudes sur ses effets d\u00e9pressifs sur la croissance globale.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce contexte que le concept de r\u00e9silience s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 pour devenir un sujet familier dans la litt\u00e9rature \u00e9conomique et dans le d\u00e9bat public. La question que cherchait \u00e0 d\u00e9velopper les analystes et les organisations internationales \u00e0 travers le recours \u00e0 ce concept concerne la capacit\u00e9 des \u00e9conomies \u00e0 faire face \u00e0 ces chocs et \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 leurs effets d\u00e9stabilisateurs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs d\u00e9finitions ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es du concept de r\u00e9silience dans les travaux r\u00e9cents. Mais, d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale elles r\u00e9sument la capacit\u00e9 d\u2019un pays ou d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 dominer rapidement les chocs et les perturbations \u00e9conomiques. Elle suppose par cons\u00e9quent la capacit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie \u00e0 r\u00e9duire les effets n\u00e9gatifs d\u2019une crise dont notamment la baisse de la croissance, les d\u00e9s\u00e9quilibres macro\u00e9conomiques ou les pertes d\u2019emploi.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans notre analyse, le concept de r\u00e9silience rend compte de la capacit\u00e9 de r\u00e9action d\u2019une \u00e9conomie par rapport aux chocs internes comme externes. Une \u00e9conomie est r\u00e9siliente si elle est en mesure de r\u00e9agir rapidement \u00e0 cette situation critique et \u00e0 surmonter les d\u00e9sordres cr\u00e9es. Par cons\u00e9quent, la r\u00e9silience permet \u00e0 une \u00e9conomie de retrouver sa dynamique de croissance et de d\u00e9veloppement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9silience doit donc comprendre deux niveaux importants, le premier est statique et concerne le sauvetage des grands \u00e9quilibres et les politiques de stabilisation \u00e0 mettre en place pour \u00e9viter une d\u00e9rive plus importante de l\u2019\u00e9conomie. Le second niveau est dynamique et concerne la capacit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie et des politiques \u00e9conomiques mises en place \u00e0 assurer un rebond lui permettant de retrouver son sentier de croissance potentielle.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette double dimension est fondamentale, en effet car la r\u00e9silience c\u2019est non seulement la r\u00e9sistance \u00e0 la chute mais \u00e9galement la capacit\u00e9 de rebondir.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans cette distinction entre l\u2019effet stabilisation et l\u2019effet croissance que nous introduisons la notion de trappe de la r\u00e9silience. Il s\u2019agit pour nous de la situation o\u00f9 la stabilisation se fait aux d\u00e9pens de la croissance et de l\u2019investissement. Cette conjoncture est le r\u00e9sultat de politiques \u00e9conomiques dont la pr\u00e9occupation centrale dans un contexte de mont\u00e9e des dangers c\u2019est de privil\u00e9gier le sauvetage imm\u00e9diat et le maintien des grands \u00e9quilibres macro\u00e9conomiques sans n\u00e9cessairement accorder de l\u2019importance \u00e0 la dynamique de moyen et long terme. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est la situation de trappe \u00e0 la r\u00e9silience dans laquelle se trouvent prisonniers un grand nombre de pays arabes et particuli\u00e8rement les pays interm\u00e9diaires non exportateurs de p\u00e9trole. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019atterrissage en douceur de l\u2019\u00e9conomie mondiale et les \u00e9conomies arabes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A la sortie de la crise ouverte par la pand\u00e9mie du Covid-19, l\u2019\u00e9conomie mondiale s\u2019est trouv\u00e9e confront\u00e9e \u00e0 deux d\u00e9fis majeurs. Le premier concerne l\u2019intrusion forc\u00e9e de la g\u00e9o\u00e9conomie dans les dynamiques \u00e9conomiques globales et ses effets sur la croissance globale. Le premier conflit concerne l\u2019invasion de l\u2019Ukraine par la Russie en f\u00e9vrier 2022 et son impact sur la stabilit\u00e9 du monde mais aussi sur les prix des mati\u00e8res premi\u00e8res avec une hausse des cours du p\u00e9trole et des prix des produits de base.<\/p>\n\n\n\n<p>Le second conflit est celui de la guerre men\u00e9e par l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne sur Gaza au lendemain des attaques du 7 octobre 2023. M\u00eame si elle reste cantonn\u00e9e \u00e0 la r\u00e9gion, l\u2019enlisement de cette guerre pourrait comporter un risque d\u2019extension qui pourrait renforcer l\u2019instabilit\u00e9 et l\u2019incertitude globale. D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, cette guerre est \u00e0 l\u2019origine d\u2019une grande perturbation du commerce mondial suite aux attaques et aux troubles dans la mer rouge qui ont entrain\u00e9 une augmentation des co\u00fbts de la logistique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le second d\u00e9fi est li\u00e9 \u00e0 l\u2019accroissement rapide de l\u2019inflation \u00e0 partir de l\u2019ann\u00e9e 2022 \u00e0 travers le monde dont une grande partie s\u2019explique par la guerre en Ukraine. Cette r\u00e9surgence de la menace inflationniste a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine d\u2019un changement majeur des politiques mon\u00e9taires des banques centrales avec la mise en place de politiques restrictives.<\/p>\n\n\n\n<p>La g\u00e9o\u00e9conomie et la r\u00e9surgence de l\u2019inflation ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de grandes inqui\u00e9tudes notamment avec la perspective du d\u00e9veloppement d\u2019un cycle stagflationniste qui pourrait renforcer l\u2019incertitude sur l\u2019\u00e9conomie globale.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, les pr\u00e9visions pessimistes du d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2023 ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9menties et le monde semble s\u2019orienter vers un atterrissage en douceur. En effet, m\u00eame si elle est faible la croissance globale reste soutenue et a \u00e9t\u00e9 de 3,2% en 2023 et les projections la maintiennent au m\u00eame niveau en 2024 et 2025. La croissance reste plus faible dans le monde d\u00e9velopp\u00e9 et n\u2019a pas d\u00e9pass\u00e9 1,6% en 2023 et se maintiendra autour des m\u00eames niveaux en 2024 et 2025. Pour le monde en d\u00e9veloppement la croissance a \u00e9t\u00e9 plus marqu\u00e9e avec un niveau de 4,3% en 2023 et de 4,2% en 2024 et 2025.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, en d\u00e9pit des tensions g\u00e9o\u00e9conomiques et du durcissement des politiques mon\u00e9taires, l\u2019\u00e9conomie a montr\u00e9 un certain niveau de r\u00e9silience. Cette r\u00e9sistance aux chocs est d\u2019autant plus importante que les banques centrales ont montr\u00e9 une grande r\u00e9sistance pour introduire une plus grande dose de flexibilit\u00e9 dans leurs politiques mon\u00e9taires.<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps, les tensions inflationnistes montrent des signes d\u2019affaiblissement avec un taux global qui est pass\u00e9 de 6,8% en 2023. Cette d\u00e9tente se poursuivra au cours des ann\u00e9es 2024 et 2025 avec des taux d\u2019inflation respectivement de 5,9% et de 4,5%. La baisse de l\u2019inflation est encore plus marqu\u00e9e dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s et a \u00e9t\u00e9 de 4,6% en 2023 et retombera \u00e0 2,6% en 2024 avant de parvenir \u00e0 la valeur cible retenue par les banques centrales autour de 2%.<\/p>\n\n\n\n<p>Le recul de l\u2019inflation trouve son explication dans la baisse des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res et particuli\u00e8rement des cours du p\u00e9trole qui ont connu une chute de -16% en 2023 qui devra se poursuivre au cours des ann\u00e9es 2024 et 2025 \u00e0 des rythmes moins marqu\u00e9s. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9silience s\u2019observe \u00e9galement au niveau de la reprise du commerce mondial en d\u00e9pit des risques de fragmentation de l\u2019\u00e9conomie globale avec une croissance qui s\u2019est situ\u00e9e \u00e0 0,3% en 2023 et augmentera \u00e0 un rythme plus soutenu de 3% en 2024 et de 3,2% en 2025.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9conomie mondiale semble faire face aux chocs qui secouent les dynamiques de croissance au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es. Mais, en d\u00e9pit de cette r\u00e9silience, la croissance reste faible et pr\u00e9sente des contraintes structurelles fortes notamment avec la chute des gains de productivit\u00e9. Mais, beaucoup de travaux et d\u2019analyses misent aujourd\u2019hui sur la nouvelle vague d\u2019innovations technologiques et particuli\u00e8rement l\u2019av\u00e8nement de l\u2019intelligence artificielle pour relancer les gains de productivit\u00e9s et entamer un nouveau cycle de croissance forte.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, les \u00e9conomies arabes, \u00e0 l\u2019inverse des autres r\u00e9gions du monde, n\u2019ont pas tir\u00e9 un grand b\u00e9n\u00e9fice de ce moment de r\u00e9pit de l\u2019\u00e9conomie mondiale. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les \u00e9conomies arabes&nbsp;: Une stabilisation en d\u00e9pit des incertitudes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit des turbulences et des effets de la g\u00e9o\u00e9conomie globale et r\u00e9gionale, il est possible de souligner une certaine forme de r\u00e9silience des \u00e9conomies arabes dans la p\u00e9riode post-Covid 19. Cette r\u00e9silience concerne particuli\u00e8rement les grands \u00e9quilibres macro\u00e9conomiques. En effet, il faut souligner une stabilisation des comptes publics avec un solde budg\u00e9taire global de 0,5% en 2023 et qui sera de -1,5% et 1,1% respectivement au cours des ann\u00e9es 2024 et 2025. Cette situation est meilleure dans les pays p\u00e9troliers o\u00f9 le solde sera \u00e9quilibr\u00e9 au cours des deux prochaines ann\u00e9es alors qu\u2019il passera de -5,2% en 2023 \u00e0 respectivement -7,6% et -6,3% en 2024 et 2023 dans les pays importateurs de p\u00e9trole.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut noter \u00e9galement cette stabilit\u00e9 relative par rapport aux \u00e9changes ext\u00e9rieurs des pays arabes avec un solde de la balance des transactions courantes qui \u00e9tait de 5,3% en 2023 et se situera autour d\u2019une moyenne de 2,5% au cours des deux prochaines ann\u00e9es. L\u00e0 \u00e9galement, il faut souligner les diff\u00e9rences entre les pays p\u00e9troliers o\u00f9 ce solde sera de 4,8% en 2024 et de 3,6% en 2025 alors qu\u2019il sera d\u00e9ficitaire pour les pays importateurs de p\u00e9trole et passera de -6,8% en 2024 \u00e0 -4,9%.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre domaine dans lequel les pays arabes ont fait preuve d\u2019une certaine r\u00e9silience concerne l\u2019inflation qui va entamer une pente descendante en passant de 16% en 2023 \u00e0 15,4% en 2024 avant d\u2019atteindre 12,4% en 2025. Les performances des pays arabes sont diff\u00e9renci\u00e9es \u00e0 ce niveau avec un niveau moins \u00e9lev\u00e9 dans les pays p\u00e9troliers et qui passera de 11,6% en 2023 \u00e0 un niveau inf\u00e9rieur \u00e0 10% en 2025. Le niveau de l\u2019inflation sera plus \u00e9lev\u00e9 dans les autres pays arabes et passera de 28% en 2024 \u00e0 20% en 2025.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit d\u2019un contexte \u00e9conomique incertain et marqu\u00e9 par les conflits et le poids envahissant de la g\u00e9o\u00e9conomie, les pays arabes ont r\u00e9ussi \u00e0 maintenir une certaine r\u00e9silience qui leur ont permis d\u2019\u00e9viter les pr\u00e9visions les plus alarmantes au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2023 et notamment le risque de d\u00e9faut de paiement de certaines d\u2019entre-eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, en d\u00e9pit de cette r\u00e9sistance aux chocs, les pays arabes font face \u00e0 deux d\u00e9fis importants \u00e0 savoir la faiblesse de la croissance et le niveau d\u2019endettement qui assombrissent leurs perspectives et constituent d\u2019importants dangers futurs. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La dette et la croissance&nbsp;: les d\u00e9fis majeurs des \u00e9conomies arabes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le choix \u00e9nergique de la stabilisation macro\u00e9conomique a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine d\u2019une forte baisse de la croissance dans le monde arabe qui a connu la plus faible croissance dans les r\u00e9gions en d\u00e9veloppement au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Cette croissance n\u2019a \u00e9t\u00e9 que de 1,9% en 2023 et sera de 2,7% en 2024 avant de remonter \u00e0 4,2% en 2025. A ce niveau les diff\u00e9rences entre les pays exportateurs de p\u00e9trole et importateurs s\u2019estompent pour donner lieu \u00e0 une convergence \u00e0 des niveaux faibles de croissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la faiblesse de la croissance dans les pays exportateurs s\u2019explique par la d\u00e9cision de baisser la production afin de d\u00e9fendre les cours mondiaux, il mentionner que cette croissance est tir\u00e9e par les secteurs non p\u00e9troliers et elle significative d\u2019un progr\u00e8s dans la diversification de leurs structures productives.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les pays importateurs de p\u00e9trole, la faiblesse de la croissance trouve son explication dans les conflits et les crises politiques qu\u2019ils connaissent en m\u00eame temps qu\u2019un \u00e9chec \u00e0 sortir des mod\u00e8les de d\u00e9veloppement bas\u00e9s sur les faibles co\u00fbts de main d\u2019\u0153uvre et \u00e0 s\u2019inscrire dans une nouvelle sp\u00e9cialisation bas\u00e9e sur les secteurs dynamiques dans l\u2019\u00e9conomie globale.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 cette faiblesse end\u00e9mique de la croissance, il faut \u00e9galement noter un accroissement dangereux de l\u2019endettement qui au c\u0153ur des inqui\u00e9tudes \u00e0 venir particuli\u00e8rement pour les pays interm\u00e9diaires de la r\u00e9gion. La dette globale de la r\u00e9gion est pass\u00e9 tourn\u00e9e autour d\u2019une moyenne de 45% du PIB au cours de la p\u00e9riode 2023-2025. La dette des pays exportateurs de p\u00e9trole reste \u00e0 des niveaux faibles et tourne autour de 30% au cours de la m\u00eame p\u00e9riode. Mais, c\u2019est surtout la dette des pays interm\u00e9diaires qui pr\u00e9sente le plus grand d\u00e9fi pour la r\u00e9gion avec une moyenne qui est pass\u00e9e 71% du PIB en 2023 \u00e0 67% en 2024 et 64,9% en 2025. Mais, parmi les pays interm\u00e9diaires ce sont surtout la Jordanie, la Tunisie et l\u2019Egypte qui connaissent les situations les plus critiques avec des niveaux qui devrait respectivement d\u00e9passer l\u00e9g\u00e8rement les 100%, les 80% et 70% du PIB au cours de l\u2019ann\u00e9e 2024.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette faible croissance et cet endettement end\u00e9mique expliquent cette trappe de la r\u00e9silience et le choix de politique \u00e9conomique de stabilisation aux d\u00e9pends de la croissance. C\u2019est \u00e0 cette trappe que les politiques publiques et les institutions internationales doivent r\u00e9pondre aider les pays \u00e0 en sortir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un choc d\u2019investissement pour \u00e9chapper \u00e0 la trappe de la r\u00e9silience.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 la poursuite de l\u2019effort de stabilisation, il est important de l\u2019inscrire dans une dynamique de croissance afin d\u2019\u00e9chapper \u00e0 cette trappe de la r\u00e9silience. Cette option exige un choc d\u2019investissement qui doit allier les investissements publics ainsi que les investissements priv\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La relance des investissements publics exige un accroissement de l\u2019espace fiscal et il faut examiner les diff\u00e9rentes options offertes \u00e0 la r\u00e9gion et particuli\u00e8rement aux pays interm\u00e9diaires.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re option concerne l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des r\u00e9formes \u00e9conomiques afin de r\u00e9duire le poids des subventions et des salaires dans les budgets. Or, cette option, en d\u00e9pit des efforts des diff\u00e9rents gouvernements de la r\u00e9gion, parait de plus en plus difficile \u00e0 mettre en place pour deux raisons&nbsp;: la d\u00e9t\u00e9rioration des conditions sociales post-Covid 19 et surtout l\u2019av\u00e8nement au niveau politique d\u2019un large consensus du fait de la mont\u00e9e de voix radicales contre ses r\u00e9formes.<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde option concerne la possible restructuration de la dette. Cette option est \u00e9voqu\u00e9e de temps \u00e0 autre dans le d\u00e9bat public. Mais, cette option \u00e9galement me para\u00eet difficile \u00e0 mettre en place pour au moins trois raison&nbsp;: le d\u00e9bat solvabilit\u00e9\/Liquidit\u00e9 n\u2019est pas r\u00e9gl\u00e9, la question de la r\u00e9putation de certains pays et le profil de la dette o\u00f9 la domination de la composante multilat\u00e9rale rend cette option difficile.<\/p>\n\n\n\n<p>La troisi\u00e8me option concerne un recours de ces pays aux march\u00e9s internationaux. Cette option en d\u00e9pit de ses co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s a \u00e9t\u00e9 mise en place par certains pays africains dont le Kenya. Or, cette option me para\u00eet \u00e9galement difficile \u00e0 envisager pour les pays arabes du fait d\u2019une d\u00e9t\u00e9rioration de leurs notations souveraines et l\u2019absence d\u2019accords avec le FMI pour certains.<\/p>\n\n\n\n<p>La quatri\u00e8me option concerne le channeling des SDRs directement o\u00f9 \u00e0 travers les MDBs. L\u2019\u00e9mission des SDRs en 2021a constitu\u00e9 un appui consid\u00e9rable pour les pays en d\u00e9veloppement particuli\u00e8rement dans le contexte de la crise du Covid-19. Mais, cette allocation reste insuffisante compte-tenu des besoins de financement des pays en d\u00e9veloppement en g\u00e9n\u00e9ral et des pays arabes \u00e0 revenus interm\u00e9diaires. Depuis, un d\u00e9bat a \u00e9t\u00e9 ouvert sur le channeling des SRDs qui pourrait b\u00e9n\u00e9ficier aux pays directement comme aux institutions financi\u00e8res r\u00e9gionales afin de renforcer leur appui aux pays en crise.<\/p>\n\n\n\n<p>La cinqui\u00e8me option concerne l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des ressources en faveur des pays en d\u00e9veloppement dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019accroissement de l\u2019espace fiscal des pays pour renforcer l\u2019investissement, il est \u00e9galement essentiel de mobiliser l\u2019investissement priv\u00e9 dans ce choc d\u2019investissement. Ceci passe par un changement de l\u2019atmosph\u00e8re n\u00e9gative et parfois m\u00eame incriminante vis-\u00e0-vis du secteur priv\u00e9. Elle exige \u00e9galement de v\u00e9ritables r\u00e9formes vigoureuses et \u00e9nergiques pour am\u00e9liorer l\u2019environnement des affaires. Le monde arabe se trouve dans cette p\u00e9riode post-Covid 19 prisonnier d\u2019une trappe \u00e0 la r\u00e9silience qui se traduit qui ne fait que fragiliser les efforts de stabilisation en l\u2019absence d\u2019une croissance forte et face \u00e0 un endettement end\u00e9mique. La sortie de cette trappe passe par un choc d\u2019investissement qui exige un plus grand appui international et une solidarit\u00e9 r\u00e9gionale. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> . Intervention lors de la table ronde organis\u00e9e par le Fonds mon\u00e9taire arabe, le FMI et la Banque mondiale lors des Assembl\u00e9es annuelles du Fonds mon\u00e9taire arabe- Le Caire le 23 mai 2024.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/lapresse.tn\/2024\/05\/29\/analyse-economies-arabes-comment-sortir-de-la-trappe-de-la-resilience\/#:~:text=Parall%C3%A8lement%20%C3%A0%20la%20poursuite%20de,ainsi%20que%20les%20investissements%20priv%C3%A9s.\">https:\/\/lapresse.tn\/2024\/05\/29\/analyse-economies-arabes-comment-sortir-de-la-trappe-de-la-resilience\/#:~:text=Parall%C3%A8lement%20%C3%A0%20la%20poursuite%20de,ainsi%20que%20les%20investissements%20priv%C3%A9s.<\/a><\/p>\n<!-- Facebook Page Plugin by Medust: http:\/\/medust.com -->\r\n\t\t<div class=\"fb-recommendations-bar\" data-href=\"https:\/\/www.economistes-arabes.org\/fr\/hakim-ben-hammouda-economies-arabes-comment-sortir-de-la-trappe-de-la-resilience\/\" data-read-time=\"5\" data-side=\"\" data-action=\"like\"><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Economies arabes&nbsp;: Comment sortir de la trappe de la r\u00e9silience&nbsp;? [1] Hakim Ben Hammouda. Comment sortir de la trappe de la r\u00e9silience&nbsp;? 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